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37,5 % : le degré d’alcool du gin expliqué par la loi et l’artisan

Par anthony@rouneau.be 8 min de lecture
Alambic en cuivre versant le distillat dans la distillerie

C’est le seuil fixé par le règlement (UE) 2019/787, sans aucune tolérance en dessous. Vérifiez toujours l’ABV indiqué sur l’étiquette avant l’achat : c’est la seule donnée fiable.


En bref:

  • Seule une boisson contenant au minimum 37,5 % d’alcool en volume peut légalement porter le nom de « gin » selon le règlement européen, sans tolérance.
  • La mention « dry » indique uniquement une faible quantité de sucre résiduel, sans lien avec le pourcentage d’alcool, qui doit impérativement être supérieur ou égal à 37,5 %.
  • Le degré d’alcool influence la perception aromatique, un gin à 40 % ou plus conservant mieux ses huiles essentielles lors de la dilution ou en cocktail.
  • Vérifier toujours l’étiquetage : pourcentage d’ABV, type précis, origine de l’alcool, et liste des botaniques, afin d’éviter les pièges et choisir un produit cohérent avec ses attentes.

Table des matières

Réglementation et étiquetage : que signifie le seuil de 37,5 % ?

Il figure dans l’Annexe I du règlement européen 2019/787, qui encadre la définition légale du gin, du London gin et de plusieurs autres catégories de spiritueux à base de baies de genièvre. En dessous de ce seuil, un produit ne peut tout simplement pas s’appeler « gin », quelle que soit sa composition botanique.

37,5 % ABV : c’est le plancher légal européen. Un produit à 35 % ou 36 % peut ressembler à un gin, en avoir le goût et les botaniques, mais la loi lui interdit ce nom sur l’étiquette.

Cette règle a des conséquences concrètes que beaucoup de consommateurs ignorent :

  • Une boisson sans alcool ne peut jamais s’appeler « gin », même avec la mention « sans alcool » ou « non alcoolisé » à côté. La Cour de justice de l’Union européenne a tranché cette question dans une affaire préjudicielle récente, confirmant que l’appellation reste réservée aux produits fabriqués à partir d’alcool éthylique d’origine agricole et respectant le titrage minimal.
  • La mention « dry » n’a rien à voir avec le degré d’alcool. Elle indique que le spiritueux contient au maximum 0,1 gramme de produits sucrants par litre, exprimé en sucre inverti, selon la version consolidée du règlement. Un gin « dry » à 37,5 % existe donc, tout comme un gin non « dry » à 47 %.
  • Le règlement encadre aussi l’origine de l’alcool utilisé, qui doit être d’origine agricole pour protéger l’appellation.

Toutes ces informations doivent apparaître sur l’étiquette : le pourcentage d’alcool, la contenance, et la catégorie exacte (gin, gin distillé, London gin). Si l’une de ces mentions manque ou reste floue, c’est un signal à prendre au sérieux avant l’achat.

Quelles fourchettes d’ABV selon les styles de gin ?

Le seuil légal fixe un minimum, pas une norme de fait.

  • Le London dry gin respecte des règles de production strictes (distillation avec les botaniques, pas d’ajout d’arômes après coup) mais garde le même minimum réglementaire de 37,5 %. Dans la pratique, la plupart des London dry commercialisés tournent autour de 40 à 43 %.
  • Le distilled gin offre plus de souplesse : les arômes peuvent être ajoutés après la distillation initiale, ce qui laisse au producteur davantage de marge pour ajuster le degré final selon le profil recherché.
  • Le genever, ou genièvre, est le cousin historique du gin, originaire des Pays-Bas et de Belgique. Il répond à ses propres règles de composition, souvent avec une base de malt, et son titrage peut différer sensiblement du gin classique.
  • Le navy strength gin vise volontairement plus haut, généralement autour de 57 % ABV, une référence qui remonte à l’époque où la Royal Navy testait la résistance à la poudre à canon imbibée d’alcool. Ce style s’adresse à un usage précis : les cocktails qui doivent garder du caractère malgré la dilution avec de la glace ou du tonic.

Pourquoi cet écart entre le minimum légal et les pratiques réelles ? Parce qu’un degré plus élevé porte mieux les huiles essentielles des botaniques, un point qu’on développe juste après.

Comment le degré d’alcool change le goût et l’usage en cocktail ?

L’alcool n’est pas qu’un chiffre sur l’étiquette : c’est le solvant qui transporte les huiles essentielles des botaniques (genièvre, agrumes, épices) jusqu’à votre palais. Plus le titrage est élevé, plus ces composés aromatiques restent en suspension et se révèlent en bouche, surtout après dilution avec de l’eau, de la glace ou du tonic.

  1. En dégustation pure, un gin à 40 % ou plus garde une structure aromatique nette même servi avec juste un glaçon, alors qu’un gin proche du minimum légal peut sembler plat une fois dilué.
  2. En gin tonic, le tonic ajoute déjà de l’eau et du sucre : un gin trop léger en alcool risque de disparaître complètement dans le mélange. Un titrage plus élevé tient mieux la distance lors de la dilution dans le tonic.
  3. En cocktail long avec beaucoup de glace (type Negroni allongé ou Collins), un navy strength à 57 % supporte la dilution progressive du glaçon sans perdre son identité aromatique jusqu’à la dernière gorgée.

En dessous, ajustez la quantité de tonic ou de glace pour éviter que le mélange ne devienne aqueux avant la fin du verre.*

Les techniques de distillation employées dans l’univers des spiritueux artisanaux montrent d’ailleurs que ce lien entre pureté du distillat, degré final et expression aromatique dépasse largement le seul gin.

Que vérifier sur l’étiquette avant de choisir votre bouteille ?

Avant de reposer une bouteille dans le rayon ou de valider un panier en ligne, quelques vérifications rapides évitent les mauvaises surprises :

  • Le pourcentage d’ABV, toujours affiché près de la contenance (généralement en cL ou mL).
  • La catégorie exacte : gin, gin distillé, London gin ou genever, chacune répondant à des règles de production différentes.
  • La présence ou l’absence de la mention « dry », qui renseigne sur le sucre résiduel et non sur le degré d’alcool.
  • Si disponible, la liste des botaniques utilisés, un bon indicateur de la complexité aromatique visée.
  • Le pays de commercialisation : le titrage d’une même marque peut varier légèrement selon le marché, les politiques commerciales locales n’étant pas toujours identiques.

Pourquoi Gin de Chimay choisit un degré précis pour chaque création

Chez Gin de Chimay, le choix du titrage final n’est jamais laissé au hasard. Francis, fondateur de la distillerie avec trente ans d’expérience culinaire, aborde la réduction à l’eau comme une étape aussi décisive que la distillation elle-même : la pureté de l’eau utilisée et le degré final retenu déterminent en grande partie la texture perçue en bouche.

Lou Gin, au profil floral, est pensé pour une dégustation qui laisse respirer ses botaniques sans les noyer. Jules Gin, plus audacieux en caractère, supporte mieux les mélanges qui demandent de la présence, comme un gin tonic relevé. Dans les deux cas, le degré d’alcool retenu sert un objectif précis : équilibrer l’intensité des botaniques locaux avec la rondeur recherchée en bouche, jamais l’inverse.

Le seuil des 37,5 % n’est pas qu’une formalité administrative

Lou Gin 50cL

La réglementation européenne fixe souvent des seuils qui semblent arbitraires vus de l’extérieur. Celui du gin ne l’est pas : il protège une définition technique (distillation à partir d’alcool agricole, présence de genièvre comme botanique dominante) contre la dilution marketing du terme, dans tous les sens du mot. La décision récente de la Cour de justice européenne sur le « non-alcoholic gin » le confirme sans ambiguïté.

Ce que beaucoup de guides grand public négligent, c’est que le degré d’alcool n’est pas un gage de qualité en soi. C’est un outil que le distillateur manie pour équilibrer les huiles essentielles des botaniques, pas un argument de vente à prendre pour argent comptant. La vraie question à se poser n’est pas « quel est le degré le plus élevé », mais « ce degré sert-il le profil aromatique annoncé ». Priorisez la cohérence entre le style annoncé et l’usage que vous en ferez, plutôt que le chiffre affiché sur l’étiquette.

— Le gin de Chimay

Deux gins, deux degrés pensés pour deux expériences

Chaque titrage a une raison d’être, et c’est exactement ce que Gin de Chimay applique à ses propres créations : ni trop bas pour rester expressif, ni trop haut par simple effet de gamme.

Gin de Chimay

Le Lou Gin, avec son profil floral délicat, se déguste idéalement pur ou avec très peu de dilution, pour laisser toute la place aux botaniques locaux. Le Jules Gin, plus affirmé, trouve sa place dans un gin tonic relevé ou un cocktail qui a besoin de caractère jusqu’à la dernière gorgée. Les deux sont élaborés à partir d’ingrédients régionaux, avec une réduction à l’eau pensée pour préserver l’équilibre aromatique propre à chaque recette.

Pour comprendre ce qui distingue un spiritueux artisanal d’une production industrielle, les critères de fabrication comptent souvent plus que le seul degré d’alcool affiché. Envie de comparer par vous-même ? La bouteille de Lou Gin en 50 cL et celle de Jules Gin en 50 cL sont disponibles directement sur la boutique en ligne, prêtes à rejoindre votre bar à la maison.

Deux gins, deux degrés pensés pour deux expériences — overview diagram

Sources

Pour vérifier ces règles par vous-même : le règlement (UE) 2019/787 et la décision de la CJUE sur l’affaire 62024CJ0563.

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