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Botaniques forestières de Wallonie : lesquelles, et à quelles conditions

Par anthony@rouneau.be 12 min de lecture
Un botaniste examine une plante dans une forêt wallonne

Une botanique forestière wallonne, c’est une plante, une écorce, une baie, un bourgeon ou une feuille issus d’un milieu boisé de Wallonie, utilisée pour parfumer un spiritueux. Le sujet est plus encadré qu’il n’y paraît : on ne cueille pas librement pour fabriquer ou vendre une boisson, et toutes les plantes qui sentent bon en forêt ne sont pas bonnes à mettre dans une bouteille. Voici comment s’y retrouver, que vous soyez curieux de nature, amateur de gin ou professionnel de la restauration.

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TL;DR

  • En Wallonie, le prélèvement récréatif en forêt exige l’accord du propriétaire et doit se faire sans finalité commerciale : on ne cueille donc pas soi-même pour une gamme de spiritueux.
  • Une botanique « forestière » crédible se documente : espèce, partie utilisée, lieu, saison. Les fiches essences du SPW aident à distinguer une note aromatique d’un ingrédient réellement adapté à l’alimentation.
  • Pour apprendre sans risque, privilégiez les balades et ateliers encadrés plutôt que la macération improvisée.
  • Pour goûter ce que la région inspire, nos gins et notre rhum de Chimay sont une porte d’entrée, sans que vous ayez à cueillir quoi que ce soit.

Table des matières

Ce que recouvre l’expression « botanique forestière »

Dans le vocabulaire du gin, une botanique est tout ingrédient végétal qui aromatise l’alcool, à commencer par le genièvre, obligatoire pour parler de gin. Autour de lui, on trouve des écorces, des graines, des fleurs, des racines, des agrumes. Le mot « forestière » désigne l’univers de la sylve : sous-bois, résine, mousse, feuilles vertes, fruits sauvages.

Trois sens se mélangent souvent, et il vaut mieux les séparer :

  1. La botanique réellement issue de la forêt : un bourgeon, une baie, une feuille prélevés dans un milieu boisé, avec autorisation.
  2. La botanique cultivée qui évoque la forêt : une plante de jardin ou de producteur dont le profil rappelle le sous-bois.
  3. La note forestière : une impression sensorielle (fraîcheur verte, résine, humus) obtenue avec des ingrédients très divers.

Une étiquette honnête dit lequel de ces trois cas s’applique. C’est aussi ce que cherche à vérifier le lecteur attentif : d’où vient vraiment ce qui est dans la bouteille ?

Le cadre wallon : ce qu’on a le droit de cueillir

La Wallonie compte plus de 550 000 hectares de forêts et 35 000 espèces répertoriées. Le Code forestier y rappelle que les bois sont à la fois un patrimoine naturel, économique, social et culturel, dont les fonctions doivent coexister. La forêt n’est donc pas un garde-manger en libre-service.

Les règles de cueillette publiées par le SPW fixent le cadre pour le promeneur :

  • il faut l’accord du propriétaire pour récolter fleurs, baies et champignons, accord qui existe de manière générale en forêt domaniale, sauf exceptions ;
  • la cueillette se fait entre le lever et le coucher du soleil ;
  • la limite générale est de deux poignées par personne et par jour pour les fleurs et de 10 litres pour les autres produits ;
  • les espèces protégées et les réserves sont exclues, et en forêt domaniale l’autorisation générale peut être suspendue pendant la chasse.

Tout cela figure sur la page Règles de cueillette de l’Environnement en Wallonie, à relire avant chaque sortie, car les consignes peuvent évoluer.

Le point que beaucoup oublient : la finalité commerciale

Le prélèvement récréatif doit rester sans finalité commerciale. Concrètement, la cueillette pour fabriquer ou vendre un spiritueux n’entre pas dans ce cadre. Un artisan qui veut une botanique forestière doit donc sécuriser un approvisionnement autorisé, auprès du propriétaire ou d’un producteur, et non aller se servir lui-même en lisière de bois.

Pour le particulier, la conséquence est simple : une macération de quelques baies pour la table familiale n’est pas un projet d’entreprise, et la seconde ne s’improvise pas à partir de la première.

Circuler correctement en forêt

Pour une sortie botanique, restez sur les routes, chemins et sentiers ouverts au public. Selon le portail officiel de la Wallonie, les coupe-feu, layons de chasse et chemins de débardage ne sont pas des voies publiques, même sans panneau. Les chiens se tiennent en laisse, le bivouac et le feu sont interdits. Le Département de la Nature et des Forêts y exerce une mission de police sur près de 540 000 hectares.

Règles d’accès et de comportement en forêt wallonne

Quelles essences wallonnes évoquent la forêt ?

Les fiches essences du SPW, réalisées avec le soutien de l’AWAF, décrivent pour chaque arbre la floraison, le milieu, l’intérêt pour la biodiversité et la comestibilité. Ce dernier champ est précieux : une note aromatique intéressante ne fait pas un ingrédient approprié. Trois exemples tirés de ces fiches montrent la diversité des situations.

Essence Milieu typique Ce que disent les fiches Lecture pour un amateur de spiritueux
Aulne glutineux Sols humides, bords d’eau Préfère l’humidité Un arbre de berge : attention aux cours d’eau pollués, que les guides déconseillent pour la cueillette
Bourdaine Sous-bois clairs Baies non comestibles Exemple type de plante forestière à ne pas mettre dans un verre
Hêtre Hêtraies Faînes signalées comme comestibles Essence emblématique, mais l’usage reste à documenter partie par partie

Ce tableau n’est pas une liste de recettes. Il illustre une idée : le nom de l’arbre ne suffit pas, il faut savoir quelle partie est utilisée, à quelle saison et sur quelle station.

Le sol et la station changent tout

Le Fichier écologique des essences, proposé par le Géoportail de la Wallonie, relie chaque essence à une parcelle, à un sol et à une aptitude climatique. Une même espèce n’a ni la même présence ni le même intérêt selon l’humidité, l’acidité et le climat. L’édition révisée date de 2017.

Pour le gourmet, l’enseignement est utile : deux feuilles de la même espèce, cueillies dans deux stations différentes, ne donneront pas le même caractère. C’est l’une des raisons pour lesquelles un spiritueux de terroir gagne à parler de lieux et de saisons plutôt que d’empiler les arômes.

Apprendre sans prendre de risque

Une macération alcoolique ne rend pas sûre une plante mal identifiée. Le petit guide des plantes sauvages comestibles de la Ville de Mons résume les réflexes de base :

  • ne récolter que les espèces identifiées avec certitude ;
  • éviter les bords de route, les champs traités, les cours d’eau et les anciens sites industriels ;
  • couper sans arracher, ne prendre que la quantité et les parties nécessaires, ne pas vider une station ;
  • porter des vêtements adaptés aux tiques, emporter un couteau ou des ciseaux et un récipient non plastique.

Si vous avez le moindre doute sur une plante, ne la consommez pas : demandez l’avis d’un naturaliste ou d’un pharmacien, et pour toute réaction après ingestion, contactez votre médecin ou le Centre Antipoisons au 070 245 245.

Pour progresser, mieux vaut un encadrement. VisitWallonia référence par exemple Cuisine Sauvage, qui propose des balades de découverte de 2 h 30, une formation de 10 cours, des ateliers à la journée et des événements pour particuliers comme pour professionnels. Pour se faire une idée de ce que peut être une expérience gastronomique locale encadrée ailleurs en Belgique, ce guide des expériences gastronomiques à Bruges (en anglais) donne des pistes.

Notre point de vue : la forêt comme source d’inspiration

Nous fabriquons nos spiritueux à Chimay, en petits volumes, à partir de recettes qui s’appuient sur des ingrédients locaux emblématiques de la région. Francis, qui les a créés, apporte trente ans d’expérience culinaire : il pense un gin comme on construit un plat, en cherchant l’équilibre et l’originalité aromatique plutôt que la tendance du moment.

De là vient notre façon de parler de la forêt. Nous la voyons comme un écosystème qui inspire, pas comme une ressource que chacun peut exploiter. Un gin « forestier » n’a de sens que si l’on respecte ce qui précède : un approvisionnement légitime, une plante identifiée, une partie utilisée précise. C’est aussi pourquoi nous ne publions pas de liste de plantes à aller chercher soi-même : la cueillette commerciale n’est pas permise par le cadre wallon, et la macération maison demande une rigueur que peu de gens ont à portée de main.

Notre conviction tient en une phrase : mieux vaut raconter une saison et un lieu que revendiquer une botanique rare impossible à vérifier.

— Le gin de Chimay

Goûter la région plutôt que la cueillir

Si vous cherchez ce que la nature de Chimay peut donner dans un verre, la dégustation est le chemin le plus simple et le plus sûr.

Nous proposons aussi des coffrets et packs cadeaux avec verres, utiles pour offrir ou pour un souvenir gourmand de passage dans la région. Retrouvez l’ensemble sur notre boutique. Les bars et restaurants qui souhaitent un spiritueux exclusif à leur carte y trouvent aussi leur compte.

Comment goûter un gin à la manière d’un connaisseur

Une fois le verre servi, la méthode compte plus que la liste d’ingrédients. En quatre temps :

  1. Regarder : un gin est limpide, la couleur éventuelle vient d’un ingrédient ou d’un fût.
  2. Sentir à froid : laissez le nez se poser avant de respirer profondément, pour repérer le genièvre puis ce qui l’entoure.
  3. Goûter pur, en petite quantité : l’attaque, le milieu de bouche, la longueur.
  4. Goûter allongé : avec une eau tonique ou pétillante, certaines notes s’ouvrent, d’autres disparaissent.

Nous détaillons la démarche dans nos guides sur les étapes de dégustation d’un gin artisanal et l’analyse du profil aromatique d’un gin. Pour élargir à d’autres productions de la région, voyez aussi déguster les spiritueux locaux en Wallonie.

La logique de terroir n’est pas propre au gin : ce guide du vin de terroir (en anglais) montre comment un lieu, un assemblage et une saison se lisent dans un verre, un réflexe qui se transpose bien aux spiritueux.

Spiritueux locaux en Wallonie : ce qu’il faut regarder

La Wallonie a une longue tradition de distillation : le genièvre, appelé peket en wallon, est une eau-de-vie à part entière, distincte du gin. Les gins et autres spiritueux artisanaux récents s’inscrivent dans ce paysage. Pour juger un produit local, quelques questions suffisent :

Critère Ce qu’on peut demander au producteur
Origine des ingrédients Quels ingrédients viennent de la région, lesquels d’ailleurs ?
Échelle Petits volumes ou production industrielle ?
Documentation Espèce, partie utilisée, saison, lieu d’approvisionnement
Cohérence Les notes annoncées se retrouvent-elles vraiment au verre ?
Honnêteté Le producteur dit-il ce qu’il ne peut pas dire ?

Notre guide sur la différence entre gin artisanal et industriel et celui sur les spiritueux artisanaux belges développent ces critères. Pour le contexte historique, quatre siècles d’histoire du gin belge racontent d’où l’on vient.

Pour les bars et restaurants

Un professionnel qui veut une carte ancrée en Wallonie a deux écueils à éviter. Le premier est l’approvisionnement : la cueillette commerciale en forêt n’est pas couverte par le prélèvement récréatif, donc la source doit être un propriétaire ou un producteur identifié. Le second est le discours : « forestier » n’est pas un argument en soi.

Une approche solide consiste à former l’équipe de salle au vocabulaire (balade ou atelier encadré), puis à raconter à la clientèle une provenance précise et une saison. Pour une carte, un spiritueux local servi avec un accord bien choisi marque davantage qu’une liste d’arômes : c’est l’idée de nos accords fromage et gin belge.

FAQ

Peut-on cueillir des plantes en forêt wallonne pour faire son propre gin ?

Pour un usage strictement personnel, le prélèvement de fleurs, baies et champignons est possible avec l’accord du propriétaire, dans les limites fixées par le SPW. Il doit rester sans finalité commerciale. Une cueillette destinée à fabriquer ou à vendre un spiritueux n’entre pas dans ce cadre. Dans tous les cas, n’utilisez que des plantes identifiées avec certitude.

Quelles botaniques wallonnes sont déconseillées ?

Certaines essences portent des fruits non comestibles : la bourdaine en est un exemple cité dans les fiches du SPW. Évitez aussi toute plante cueillie près d’une route, d’un champ traité ou d’un cours d’eau. En cas de doute, demandez conseil à un naturaliste et ne consommez rien.

Où apprendre à reconnaître les plantes sauvages en Wallonie ?

Les balades et formations encadrées sont la voie la plus sûre. VisitWallonia référence plusieurs activités de découverte des plantes comestibles, pour particuliers comme pour professionnels. Le guide des plantes sauvages de la Ville de Mons est aussi une bonne lecture avant de partir.

Le gin de Chimay est-il un gin forestier ?

Nous parlons de gins aux saveurs florales et forestières, élaborés à partir d’ingrédients locaux emblématiques de la région de Chimay, en petits volumes. Lou Gin est floral et Jules Gin audacieux. Nous préférons vous inviter à les goûter plutôt qu’à les décrire par une liste de plantes.

Existe-t-il une version sans alcool ?

Oui, la gamme Plaisir de Chimay propose des spiritueux sans alcool inspirés de nos créations classiques. Vous la trouvez sur la page dédiée de notre boutique.

Sources

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